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Il semble bien que La Financière agricole du Québec symbolisera désormais l’échec le plus spectaculaire de l’action syndicale en agriculture.
Moins de 10 ans après sa création, cet organisme qui devait assurer la sécurité du revenu de nos fermes voit maintenant ses moyens sérieusement limités. Pire encore, La Financière se doit d’opérer dans l’ombre d’un déficit monstre et sous la menace de devoir un jour assumer cette dette.
En 2001 pourtant, Laurent Pellerin nous présentait La Financière comme étant un outil de développement et un levier économique : «…La couverture qui leur [les producteurs] sera garantie par le nouveau régime devra être équivalente à ce qui était offert auparavant. Il est d’ores et déjà acquis que le CA de La Financière dispose de la marge de manœuvre nécessaire pour qu’il en soit ainsi.»
Malheureusement pour nous, ce n’est plus le cas…
Cependant, on ne peut blâmer les autorités politiques ou la population car au moment où La Financière voyait le jour, un sondage commandé par l’UPA démontrait que dans une proportion de 85 % les Québécois affirmaient leur soutien au gou-vernement pour qu’il soutienne financièrement le développement de l’agriculture.
Que s’est-il donc passé depuis 10 ans?
En fait, il s’est passé une cogestion de La Financière entre l’État qui baillait les fonds et l’organisation syndicale qui imposait sa vision ou plutôt, son manque de vision.
Il s’est passé que l’organisation syndicale s’est affairée à mettre en place ou à maintenir des services qui ne permettent pas nécessairement à nos entreprises agricoles de demeu-rer ou de devenir compétitives. Pour compenser les déficits, il suffisait toujours de faire accepter la dette au gouvernement.
Or, nous sommes maintenant en pleine crise économique et les coffres sont à sec. De toute façon, lapopulation surtaxée refuse désor-mais de continuer à soutenir un secteur en déficit chronique. En d’autres mots, à force de le solliciter, le syndicalisme a cassé le levier…
Mentalité...
Au moment du démarrage de La Financière, le premier ministre Bernard Landry déclarait que les activités de celle-ci seraient menées « d’une façon plus souple, avec une mentalité d’affaires, un dynamisme et des possibilités qu’on ne retrouve que difficilement dans le secteur purement étatique ».
Comment M. Landry a-t-il pu croire un instant que des gens engagés à défendre les valeurs syndicales appliqueraient une mentalité d’af-faires à La Financière ?
C’est précisément cette mentalité d’affaires qui a fait défaut à La Financière et c’est cette mentalité d’affaires dont nous avons besoin en ce moment pour nous tirer d’affaire.
Le gouvernement doit maintenant faire de la place pour permettre à une vision autre que syndicale d’exercer une influence significative en agriculture.
Faire cesser le monopole n’est pas une solution seulement aux problèmes de démocratie; c’est aussi la solution aux problèmes de La Financière.
-Louis R. Joyal
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